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Nouvel an. Les vœux de bonne année pleuvent de tous les côtés.

Et moi, tout ce que je veux, c'est que vous cessiez votre manège. Vos regards fades comme la gentillesse. J'en ai assez de vos bonnes intentions dépourvues de sincérité, toujours sans surprise.

De vos " Salut, ça va ? " routiniers et de votre envie de bien faire.

Je n'ai pas besoin que vous fassiez quoi que ce soit. Je ne veux pas que vous bougiez le petit doigt pour moi justement. Je vous veux, point.

C'est trop vous demander de vous comporter avec moi comme vous êtes ? Oui, je me réserve le droit de vous ignorer ou de vous aimer éperdument si ça me chante. Et alors ? Vous pourrez toujours prendre vos jambes à votre cou si ça ne vous sied pas.
Je vous fais confiance pour ça.

Mais par pitié, arrêtez de faire semblant ! Moi je ne fais pas semblant car je n'ai pas la possibilité de cacher ma vraie nature.

Arrêtez de prétendre que je suis étrange ou extraordinaire alors qu'on a échangé deux mots par texto.
Vous êtes bien aimables de ne me prêter que des pensées pures et innocentes. Vous partez du principe que tout ce que je fais est louable, mais vous n'avez pas idée de tous les démons qui m'ont taraudée, de toutes les savoureuses pensées obscènes qui m'ont traversée pendant des jours et des nuits...

Pardon. Mais je ne peux que vous haïr en pensant à tout ce que j'ai raté par votre faute et celle de votre sympathie forcée. C'est vous qui m'avez regardée de haut, comme une gamine, comme si j'appartenais à un autre monde et que nous n'avions rien à faire ensemble... Ces attitudes que vous prenez sans en avoir l'air et qui me donnent l'impression de ne pas être dans la partie alors que je suis au beau milieu du terrain. Cette manière si sournoise de faire barrage, par la seule force de la pensée et de l'ignorance.

Oui je suis certaine que j'aurais eu des amants, des liaisons dangereuses et des aventures passionnantes si vous n'aviez pas instaurer cette sale habitude de me regarder avec froideur et respect. Si par vos mœurs mensongères, vous n'aviez pas découragé chaque vaillant homme qui s'est approché de moi, de me regarder comme un feu ardent, une femme désirable.

Navrée de vous le dire, mais vous avez commis une erreur fatale par la simplicité de vos esprits. Vous leur avez appris que ce n'est pas bien, que je suis certainement la seule femme intouchable et interdite sur Terre, sans savoir que c'est exactement l'inverse.
De tout cela, j'ai hérité d'un désir brûlant et inédit.

Vous avez brouillé les pistes et censuré toute entreprise indécente à mon égard. Et pourquoi au fait ? Bonne question, tiens ! Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vous pensiez ainsi et d'où vous viennent vos instincts si corrects ? Ou bien avez-vous engendré une ligne de conduite sans bien-fondé ? Me condamnant par la même occasion...

Vos bonnes intentions m'ont porté préjudice. Merci bien. Je demande changement et réparation.
Vous avez déshonoré mon potentiel féminin, en voulant l'éviter.

Quand je pense que des hommes très séduisants me sont passés sous le nez, alors que j'avais toutes mes chances et tous mes atouts en exergue. Ils se sont montrés si distants, respectueux et inintéressés envers moi, que le courant de la séduction n'a pas pu circuler entre nous.
Retenus par une éducation commune, ils ont à peine senti ma peau frissonner et mon souffle se couper.

Je n'ai même pas tenté quoi que ce soit, persuadée que je ne ferais pas le poids et que je n'aurais pas le moindre impact sur une stature aussi droite et inaccessible.
Je ne me voyais pas percer à jour des hommes ténébreux et solitaires, ni détourner des hommes mariés... Alors que ça m'excitait.

Et voilà que quelques mois plus tard, j'apprenais qu'ils avaient été séduits par d'autres femmes. Dont certaines que je connaissais et que je croyais inoffensives.

Inoffensives, mon cul ! Elles étaient de simples femmes aux pulsions irrationnelles. Et surtout, les hommes les regardaient, les envisageaient, les appréciaient en tant que telles.
Mais pas moi. Alors que j'en avais bien plus à revendre que ces petites sournoises !

Vous trouvez cela prétentieux ? Ça l'est. Et c'est ce qui me reste pour garder la tête haute.

Vous croyez que je ne me rends pas compte ?
Des conversations qui s'arrêtent quand je passe. De la course à celui qui me dira bonjour le premier pour sauver l'honneur. De la façon dont vous pesez vos mots lorsque je suis à côté de vous. Des milliers de curiosités indiscrètes, mais humanisantes et nécessaires à la rencontre, que vous retenez derrière des sourires de convenance.

Vous ne voulez pas qu'on change un peu de stratégie et qu'on prenne goût au risque ? Ça vous dirait qu'on dépense plus d'énergie à communiquer et à se pardonner si besoin, qu'à ne pas faire de connerie ou de maladresse ?
Et si on arrêtait une fois pour toutes de se parler sur la réserve et de se toucher du bout des doigts ?
Parce que c'est bien beau d'être sociable, mais si on ne va pas frontalement à la rencontre des autres, ça ne vaut pas grand-chose.

Je suis désolée de vous le dire, mais toute cette retenue ne m'apporte rien à la longue. Je ne veux pas être ménagée par vos soins si ça m'empêche d'être au cœur de la vie.

Cette délicatesse excessive est bien mignonne sur l'instant. Mais au final, ça ne me fait pas vivre.
Vous êtes certains d'agir pour mon bien, mais je me retrouve finalement seule quand j'aurais tant besoin de contact. Parce que je suis loin de vous.

Je vous souhaite le meilleur et ne vous demande rien, si ce n'est de ne plus jamais poser les yeux sur moi, si vous n'êtes pas prêts à voir une femme. 

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