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Mon petit crâne romanesque n'a pas échappé à la récente épidémie de passion pour " La Chronique des Bridgerton ". J'ai découvert l'adaptation télévisée de cette série de romans et me suis lâchement abandonnée à ces intrigues tantôt courtoises, tantôt farouches.

Bien que la relation explosive et éclatante des deux personnages principaux se soit accaparée la majeure partie de mon attention - je vous laisse deviner pourquoi...-, une idée m'a particulièrement interpellée : " le diamant de la saison ".

Non, je ne prétends pas faire partie de ces gens qui se sentent obligés d'intellectualiser un programme de divertissement et de trouver une raison d'être à toutes les répliques.
Encore moins lorsqu'il y a des spécimens physiquement intéressants et des séquences de sexe dans tous les décors.
Je ne suis qu'une femme après tout. Ne m'en demandez pas trop.

Et je suis certaine de ne pas être la seule amatrice de romance historique, qui se torture à transposer les règles de l'élégance anciennes et les intrigues fictives dans le monde présent et réel, pour voir si ce serait plausible. N'est-ce pas ?...

Quelques semaines après le dernier épisode et une phase d'ennui profond, j'ai fini par me replonger dans mes autres activités et refaire un petit tour du côté de ma vie affective.
Au cas où un beau parti se serait décidé à me courtiser sans que j'y ai fait attention. Comme les jolies fleurs qui éclosent un matin alors qu'on ne les a jamais plantées. Ah non... Je confonds avec les mauvaises herbes. Au temps pour moi.

Bref, pour simplifier : j'ai réactivé mes applications de rencontres et relancé des conversations avec d'anciens pseudo prétendants qui méritaient un point final.
Rien de folichon, je vous l'accorde, mais en janvier 2021, on fait ce qu'on peut !

Et tandis que je virevoltais d'un semblant de conversation à un règlement de compte, je me demandais si j'avais réellement quelque chose à prouver. Je me suis soudain demandée si je n'en avais pas fait un peu trop en me démenant pour être séduisante. Si derrière les caprices et les exigences qu'on se vantait d'avoir, dans le but que l'autre s'y soumette, l'amour était vraiment une question de préférences.

N'est-ce pas plutôt un spectacle ? Les spectateurs s'approchent curieusement de la scène. Certains ont le souffle coupé, et d'autres restent impassibles. En théorie, l'effet compte moins que l'intention. C'est une certitude. Mais en pratique, c'est lui qui frappe en premier.

À force de vouloir plaire à tout prix, on se met en retrait et on observe le petit numéro de l'amour. Et croyez-moi, ce n'est rien de plus que tous nos autres objets de convoitise : c'est un marché embelli, un concours d'artifices et une course aux vanités.
On croit au premier abord que le combat est honorable, mais ça n'en est pas moins une enchère au plus offrant.

C'est un peu triste à dire, mais la recherche de l'amour est moins éprouvante, par là même, moins palpitante lorsqu'on prend conscience d'une chose : c'est seulement une grande chasse à l'homme dont on ne connaît pas les règles. Pas même celles qu'on s'impose à soi-même.

Je me suis mise spontanément - quand même poussée par une imagination intenable - dans la peau d'une lady du XIXème siècle.

Je me suis imaginée faire une entrée remarquée dans une salle pleine de gentlemen en recherche d'une compagne.
Drapée dans une tenue ayant suffi à ruiner toute ma famille.
Pour faire un pas dans l'arène des hommes à l'affût et des femmes enragées.
Puis passer de bras en bras, pour voir lesquels produisent le meilleur éclat sur l'assemblée. Quelle paire de jambes s'accorde le mieux à mes pas de danse.
Le but étant de susciter de l'attention sans provoquer de scandale.
Subtil exercice !

Ça a du charme, et je suis la première à succomber à cet enchevêtrement de fantaisies élégantes et gonflées de bons sentiments.
Mais soyons pragmatiques : au fond, ce n'est qu'une compétition.
Destinée à satisfaire l'attente des autres quant à sa propre image, et leur besoin de nous voir heureux et accompli.
Cela n'empêche pas la sincérité, mais en premier lieu, la démarche est vaniteuse, un poil prétentieuse.

Je ne critique pas la lady du XIXème siècle. Ses méthodes de rencontre étaient sans doute plus stimulantes et efficaces que les nôtres.
Pardon pour le pessimisme naïf de ma pensée, mais je doute que nous puissions un jour retrouver l'allégresse, le faste et la magie des bals d'antan.

Toutefois, on ne peut pas nier le caractère compétitif et concurrentiel de la chose.

La lady se veut belle et séduisante, mais aussi précieuse et intouchable. On touche avec les yeux !
Et ce n'est pas tout.
Les hommes ne veulent pas seulement d'une lady qui leur plaît. Ils veulent qu'elle attire l'œil, qu'elle fasse parler d'elle tout en passant inaperçue, qu'elle attise la curiosité tout en restant à eux, qu'elle témoigne de leur goût raffiné et de leur réussite, qu'elle exhibe leur côté narcissique avec discrétion.
Plus que pour le bonheur d'avoir trouvé l'âme sœur, ils se féliciteront d'avoir mis la main sur un bien rare qu'ils ont vu tant de fois chez les autres.

J'ai eu exactement la même sensation en achetant ma première paire de chaussures de luxe.
Sorte de gratification. Plaisir coupable et inutile qui fait du bien à l'ego...
Un trophée.
Et qui dit trophée dit compétition.

Soit. Ça a peut-être du bon d'envisager la recherche de l'amour comme un challenge. Ça nous pousse à adopter un état d'esprit endurant et à exploiter nos points forts.
Aux Jeux Olympiques, on convoite la médaille d'or, et on se donne à fond, avec l'effervescence de la douleur. Les perdants sont déçus, mais avant tout heureux d'avoir vécu l'aventure.
Et cela demande de l'entraînement. Les sportifs sont si durement mis à l'épreuve qu'ils ont maintes occasions de se demander s'ils veulent vraiment la victoire.

Je sais que tout le monde ne voit pas l'amour aussi radicalement. Et ce n'est pas plus mal... Il est vrai que la compétition comporte aussi un côté malsain, fait de tricheries, de coups bas, d'abandon... Beaucoup moins glamour !

L'amour n'est pas une jolie coupe trônant sur l'étagère du salon. La victoire est acquise. L'amour se perd.

Mais c'est une quête. Une course. Un défi. Il peut y avoir un match nul ou plusieurs gagnants. Toujours est-il qu'il faut se battre pour l'avoir. C'est presque ça qui le rend si excitant et qui en fait quelque chose d'incroyable.
C'est honorable d'être faire play et oserais-je dire...pacifique, mais croyez-vous qu'il y aurait beaucoup de participants à une compétition sans podium ?
Assumons une seconde notre égo animal et notre désir profond, sans raison ni discernement... Serions-nous autant fascinés par l'amour s'il ne nous donnait pas cette merveilleuse sensation d'être choisi parmi tant d'autres, choisi pour nos capacités particulières, cette sensation d'avoir gagné ?

C'est sûrement mon caractère déchaîné et légèrement possessif, ajouté à mon histoire chaotique, qui me donnent cette vision de l'amour. Pour moi, il n'existe pas sans une part de combat, de déchirement et d'acharnement. C'est une bataille.
Parce que je suis comme ça.
Mais je ne m'oppose à aucune forme de bonheur. Honnêtement, si vous avez trouvé une façon plus simple, plus sereine et moins sauvage d'aimer, gardez-la. Et partagez-m’en le secret. On ne sait jamais, ça peut servir.

Mais je ne peux pas tomber amoureuse sans qu'il y ait de conquête.
Nous ne sommes plus au temps des chevaliers servants et des combats en duel. Il n'empêche que les entraves à l'amour sont nombreuses. Pour m'avoir, il n'est pas nécessaire de vous ruiner, ni de me réciter les plus improbables compliments, ni même de privatiser la Tour Eiffel... Les Champs Élysées suffiront.
Il faut surtout être prêt à honorer chaque étape de la conquête. À affronter une armée d'ombres et de doutes. À donner de sa personne et à résister à l'affront.
Ne croyez pas que j'aime les drames. Ce n'est pas pour compliquer les choses. Seulement, le véritable amour se cultive dans la légèreté et s'endurcit dans l'épreuve.

L'être humain est complexe. Un amour sans défaut n'en est pas vraiment un pour lui.

Régulièrement dans ma vie de célibataire, je me pose une question essentielle, cisaillée entre deux options : attendre ou forcer le destin ?
Les quelques fois où j'ai croisé des hommes charmants à plus de trois mètres de distance, essentiellement sur les terrasses de cafés parisiens ou à la caisse du supermarché, j'ai hésité à agir ou à laisser faire le hasard.
Sans doute une bonne excuse trouvée par ma timidité pour se faciliter la tâche... Ou l'habitude de devoir faire le premier pas pour combler le manque d'initiative des inconnus généralement intimidés par ma ferraille de rêve...

On me reproche souvent d'être trop investie dans les relations nouvelles et prometteuses.
Mes messages sont longs, mes conversations interminables et mes déclarations toujours enflammées.
J'aime le défi, l'attente et le rapport de force, avant d'aimer la personne. Le masochisme, ça fonctionne quand c'est bien fait.

Au lycée, puis à l'université, j'étais attirée par des jeunes hommes que je ne pouvais pas avoir. À quoi bon aimer les rares et, à mes yeux de jeune ingrate, insignifiants courageux qui me tenaient gentiment compagnie, puisque les salauds populaires étaient juste à côté ?

Maintenant que je mesure la valeur de la gentillesse et de la simplicité, je regrette d'avoir négligé Nicolas, camarade de sixième, qui fut le premier à me dire bonjour, tous les matins sans exception, pendant les six premiers mois d'école.
Assoiffée d'impossible, j'ai préféré tourner mon regard vers des gamins indifférents et pour la plupart, déjà en couple. Je me soupçonne d'avoir volontairement cherché le chagrin d'amour, plus que l'amour lui-même. Je les voyais s'intéresser à des filles qui ne me ressemblaient pas du tout et appartenir à un univers qui n'était pas le mien. Je me faisais une joie vicieuse et absurde de les attirer à moi.

Tandis que la simplicité attendrissante d'un gentil garçon me passait sous le nez... C'était probablement ce dont j'avais besoin, mais le défi n'était pas assez grand pour mon instinct de conquérante.
À l'époque, l'attention de quelqu'un qui m'appréciait pour ce que j'étais et sans condition me semblait trop facile, voire inintéressante.

Nicolas, si tu me lis, j'espère que tu as trouvé quelqu'un de plus reconnaissant et d'aussi attentionné que toi... J'aurais dû savoir que la simplicité aussi, ça fait du bien. Je croyais être obligée de devenir incroyable pour plaire à quelqu'un, sans penser qu'à tes yeux, je l'étais peut-être déjà.

Toujours est-il que rien n'arrive sans rien. Ni à la première rencontre, ni après. Et je suis navrée pour les fainéants, mais quelle que soit sa nature, l'amour exige un minimum de lutte.

Les hippies avaient une façon très harmonieuse de s'aimer, me direz-vous. Pas de concurrence, ni de haine, ni d'animosité les uns envers les autres.
Ça doit donc être possible...
Mais si vous voulez mon avis, ces gens étaient en quête de paix plus que d'amour.

L'amour divin est pur. L'amour fraternel se partage. L'amour propre cherche à s'étendre. L'amitié peut éventuellement se multiplier.
L'amour est exclusif, égoïste, triomphal.

La prochaine fois que vous croisez un célibataire à la recherche de l'amour, et ce n'est pas ce qui manque, demandez-lui ce qu'il recherche.
Il y a neuf chances sur dix qu'il réponde : " la perle rare ".

S'il ne le dit pas, il le pense.

Comme si finalement, la joie sereine d'être avec quelqu'un qui lui convient comptait moins que l'euphorique fierté d'avoir à son bras une belle pièce à hauteur de ce qu'il mérite.
D'ailleurs, on essaie souvent de consoler les célibataires en leur disant que leur attente n'est pas vaine. Au bout du tunnel, il y a quelque chose. La lumière. Un trésor. Un bien précieux. Ce qu’il aura mérité.

Je veux bien être optimiste, mais il faudrait faire attention à ne pas dénaturer les choses. Pourquoi l'amour serait absolument et uniquement une finalité ? C'est donc cela la pression sociale : courir le plus vite possible jusqu'à la ligne d'arrivée, puis s'emparer de la coupe avant les autres ? Et ensuite ? Il n'y a plus rien ?

Belle et gracieuse Lady peut tournoyer autant qu'elle veut, et faire chavirer tous les galants de la jet set géorgienne, sa petite situation maritale retombera comme un soufflé si l'heureux élu n'est pas disposé à la recevoir.
Car c'est bien beau de s'acheter un beau bijou, mais si on n'est pas prêt à le porter, ça ne sera qu'une vilaine gourmandise !

Mon amie, que j'appellerai ici Nadia, aimait les belles choses. Lors de nos virées shopping, j'avais beau lui répéter que " tout ce qui brille n'est pas d'or ", ça ne l'empêchait pas de se jeter sur tout ce qu'il y avait de plus beau. Du moins, visuellement.
Le dernier sac à main, le manteau le plus cher, la robe la plus originale et le smartphone le plus inaccessible à la population... Elle estimait que son travail acharné valait bien tout cela. Que ce serait un manque de respect envers ses efforts de se refuser ce qu'il y avait de mieux.

Ses motivations étaient honorables. Mais cette recherche effrénée s'avérait inutile. Très vite, elle s'aperçut qu'il était plus facile d'acquérir que de posséder.
Elle se trouvait finalement embarrassée par tous ces trésors tape-à-l’œil, fragiles et onéreux.
Le moindre accroc était regrettable. Il fallait se montrer vigilant et précautionneux en permanence. Ainsi elle ne trouva rien de plaisant dans ce qu'elle avait tant cherché.

Le haut de gamme n'est pas forcément promesse de bonheur.
Ce n'est pas parce qu'on est arrivé en haut de la colline qu'on sera capable de faire le grand saut.

Alors Lady et moi, nous nous sommes concertées. Et malgré nos deux cents ans d'écart, nous avons fait le même constat.
Le faste des grandes fêtes et les mariages les plus avantageux n'ont pas subi moins de mésentente, ni même de divorce.
Et les prétendants les plus ambitieux d'aujourd'hui ne sont pas forcément aptes à assumer leurs désirs.

C'est humain d'être attiré par des créatures atypiques. C'est entendable de vouloir ce qu'il y a de mieux.
Mais il faut bien s'entendre avec soi-même sur ce qu'on recherche vraiment.

Est-ce que la perle rare existe ? Oui. Il y en a même plusieurs.
Est-ce qu'elle sied à toutes les mains ? Non.

N'y voyez aucun jugement de valeur. Je vais vous raconter une anecdote qui vous montrera où je veux en venir...

Il y a quelques jours, je faisais la connaissance d'un homme de 37 ans que nous appellerons Dim. Une rencontre très brève, mais pour le moins intéressante car elle a été le dernier coup de vent à me faire basculer d'une posture presque complexée à une posture fière.
Dès le premier message, et même dans sa manière de se présenter, j'ai senti que Dim était exigeant et cartésien. " Je cherche une femme prête à m'accompagner dans toutes les épreuves. "
Il avait l'air de savoir ce qu'il voulait. Les épreuves, ça me connaît. Sans hésiter, j'engageais la conversation et j'ai eu l'impression que le feeling passait.

J'appréciais le temps qu'il prenait pour la conversation. Il semblait vraiment désireux de creuser la relation, d'apprendre à me connaître. Pas de langage abrégé ou de questions standards, nous sommes tout de suite entrés dans le vif de nos personnalités. Il était assez fort pour dire ouvertement qu'il ne voulait pas s'attacher trop vite, tout en se livrant sans retenue. Ce qui me surpris agréablement.

Très vite, Dim me confia son désir de fonder une famille. Il venait de passer deux ans avec une femme qui avait un enfant né d'une précédente union et ne souhaitait pas en avoir d'autres.
L'espace d'un instant, je me suis demandée s'il cherchait une femme ou un utérus.
Puis je me suis dit " pourquoi pas ? ". Chacun son bonheur.
Il me dit aussi qu'il croisait pas mal de jeunes femmes sympathiques et à son goût, mais qu'aucune ne semblait prête à se projeter dans cet avenir qui le tenait en haleine. Je lui fis remarquer qu'il était rare et surprenant de tomber sur quelqu'un qui savait exactement ce qu'il voulait et n'avait aucun problème à le dire dès le début. Mais qu'en réalité, c'était une qualité très recherchée.

Pour lui, il ne s'agissait pas d'avoir un enfant avec la première venue, mais d'être clair sur ses intentions et ses objectifs à long terme. Pour éviter la déception, j'imagine...
Et il avait raison. Après tout, ça plaisait à des femmes comme moi, qui voulaient construire et avancer.
Certes, il était exigeant et il avait un certain nombre de critères auxquels il n'était pas près de déroger.
Mais moi aussi.
Et au fond, son projet d'avenir était le mien.

Il voulait quelqu'un qui aime sortir et s'amuser. Je suis partante.
Quelqu'un de mâture pour être la mère de ses enfants. J’étais prête.
Quelqu'un qui résisterait à toutes les difficultés. Je n'avais peur de rien.
Et puisqu'il était honnête avec moi, je devais l'être avec lui. Je lui ai avoué que moi non plus, je ne voyais pas ma vie sans enfants, que c'était mon vœu le plus cher.

En quelques jours, j'ai perçu en Dim l'ombre d'une âme sœur.
En tout cas, je répondais à ses critères.

J'admets que je suis allée un peu vite en besogne, mais quand on est en phase avec quelqu'un, on s'autorise à espérer.
Ce qui n'a d'ailleurs pas duré longtemps car Dim a disparu juste après.

Par respect pour mes neurones sursollicités, je n'ai pas analysé ce comportement devenu banal et récurrent.
J'étais plutôt désolée pour lui et heureuse pour moi.

Désolée qu'il se tue à quérir la perle rare, contre vents et marées, avec une telle détermination, et qu'il passe finalement à côté. C'est triste de dépenser autant d'énergie et d'espoir dans quelque chose qu'on ne prend pas vraiment la peine de découvrir. C'est bien beau de la vouloir, encore faut-il s'y attarder et la regarder comme il se doit !
Please, Gentleman ! Il faut dépoussiérer beaucoup de cailloux avant de découvrir une jolie perle.

Et heureuse parce que tout à coup, je me déchargeais d'une pression immense. Celle d'être la plus attirante des femmes.
Je ne serai jamais le diamant de la saison. Et je n'ai pas besoin de l'être. Car apparemment, ce n’est qu'une façade. Et la posséder était une trop lourde responsabilité.
Plus besoin de me lamenter de ne pas être la conquête idéale. Plus besoin de m'acharner à devenir la Lady aux joyaux, bien sous tous rapports. Peu importe ce que j'avais à offrir, puisque les destinataires n'étaient pas disposés à le recevoir.

Quelle joie de penser, ne serait-ce qu'une minute, qu'on n'a rien à prouver à d'éternels insatisfaits !

Comme souvent en amour et en compétition, on s'imagine que la victoire sera une finalité, qu'elle sera facile. Or, ce n'est qu'une étape.

Chers prétendants, lorsque vous admirez le diamant de la saison, demandez-vous si c'est réellement ce que vous voulez. Et surtout, dites-vous que ce n'est pas qu'une apparence. Soyons logiques : s'il suffisait d'être bien coiffée et de porter de la soie pour trouver son âme sœur, on aurait éradiqué le célibat chez les plus de 12 ans dès la création des filtres Snapchat.
Si vous n'êtes pas sûrs de vous, merci de ne pas en faire toute une histoire. Car certaines personnes prennent cela au sérieux et sacrifient beaucoup pour être celui ou celle que vous attendez.

La perle rare, l'idéal, le diamant de la saison, - appelez ça comme vous voulez - est d'abord une personne vivante. Dotée d'une intelligence qui peut vous tenir tête. D'une ambition aussi forte que la vôtre. D'opinions et d'attentes légitimes. Vous avez une personnalité. Elle aussi.

Voyons... La lady du XIXème siècle et moi ne sommes pas si différentes au final. Nous sommes toutes les deux tombées dans un énorme stratagème qui nous a convaincues de la nécessité de nous conformer à des caprices futiles et infondés. De devoir plaire à tout le monde pour ne convenir à personne.

Soit. Cela nous aura permis de devenir la meilleure version de nous-mêmes. Pas pour les autres. Pour nous seules.

Il nous est désormais légitime d'imposer nos propres règles et d'être séduites, puis aimées d'une façon qui nous sied. 

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